Ile de la Réunion

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Un observatoire du patrimoine végétal

Flore réunionnaise mardi 03 janvier 2012

Disperis tripetaloides, espèce vulnérable à La Réunion - Crédits photo : Patrice Bernet Mascarine Cadetiana II (MCII), une plateforme web cartographique pour le partage, la diffusion et la saisie des données sur la flore et les habitats de la Réunion, a été officiellement mise en ligne le jeudi 8 décembre 2011. Véritable outil d’aide à la décision, MCII, et à travers elle le système d’information Mascarine, constitue la base de données et le portail de référence en matière de la flore et des habitats pour la Réunion dans le cadre du Système d’Information Nature et Paysage (SINP). Accessible à tous pour les données non sensibles, cette plateforme participe au droit à l’information environnementale du public.

Le Conservatoire botanique national de Mascarin vient de mettre la dernière touche à son nouveau site web Mascarine Cadetiana II, destiné à rassembler et diffuser la connaissance sur la flore de l’île. Mascarine Cadetiana II (MCII) est un produit du système d’information Mascarine. Il s’agit d’une application web à forte composante cartographique dans le but d’interroger, d’exploiter et de restituer de l’information sur le thème de la flore et des habitats de la Réunion. Cette plate-forme permet la saisie de données et s’adresse à des publics variés (grand public, acteurs de l’environnement, scientifiques, Etat et collectivités territoriales, gestionnaires d’espaces naturels, etc.).

Un véritable observatoire de la biodiversité réunionnaise

À travers sa mission d'observatoire de la flore et des habitats, le Conservatoire Botanique National de Mascarin a vocation à fournir à l'État, aux collectivités locales, aux élus, à ses partenaires institutionnels et plus largement à l'ensemble des citoyens des outils de connaissance de la diversité du patrimoine végétal de la Réunion.

Cette mission est assurée par des études de terrains, d'identification précise de la flore, de distribution des habitats et des plantes. L'ensemble des informations acquises et celles transmises par divers partenaires (réseau de naturalistes, Parc National, ONF, gestionnaires des ENS, etc.) alimentent Mascarine, le système d'information géographique du Conservatoire.

Un endémisme important

Chamaesyce goliana, espèce endémique de La Réunion, en danger critique d’extinction - Crédits photo : Sonia Françoise / CBNM (Les informations à suivre sont extraites d'un article original de BOULLET V. La Flore vasculaire de l'île de la Réunion) L'île volcanique de la Réunion a surgi relativement récemment des profondeurs océanes, il y a environ 2 millions d'années. Comme celles d'autres îles océaniques intertropicales, la flore de la Réunion résulte d'une immigration, lente et sélective, et de processus de spéciation qui, bien que récents à l'échelle des temps géologiques, sont à l'origine d'un endémisme important.

Son peuplement végétal s'est appuyé sur les zones continentales les plus proches (principalement Madagascar et Afrique de l'est) qui constituent aujourd'hui encore des réservoirs permanents et fonctionnels de diaspores. La dissémination naturelle des végétaux, faute de moyens propres de locomotion, est obligatoirement passive. L'implantation de végétaux sur une île doit donc s'en remettre aux courants marins (voie maritime), aux vents et cyclones (voie éolienne), aux oiseaux (voie animale). Isolée en plein océan Indien, la Réunion, comme Maurice et Rodrigues, les deux autres îles de l'archipel des Mascareignes, est restée une destination difficile à atteindre.

Au final, une diversité relativement réduite mais une forte endémicité du peuplement végétal naturel constituent les traits dominants de la flore indigène de l'île dont l'importance patrimoniale à l'échelle mondiale a été soulignée à l'occasion d'inventaires des zones prioritaires pour la préservation de la biodiversité planétaire. Ainsi, la Réunion appartient à l'un des 34 points chauds (hotspots) de la diversité biologique mondiale (MITTERMAIER & al. 1999 ; MYERS & al. 2000) et à l'un des 234 Centres de Diversité pour les Plantes (WWF & IUCN 1994).

L'installation durable de l'homme à partir du milieu du XVIIe introduit un volet exotique dans la flore de l'île qui prendra progressivement une part de plus en plus importante avec le développement de la société réunionnaise. La large palette des usages (agricoles, forestiers, économiques, médicinaux, ornementaux ...), l'accroissement des échanges de biens et de personnes ont permis l'introduction volontaire ou involontaire de plusieurs milliers d'espèces originaires des régions tropicales à tempérées du monde entier. Le climat très varié de la Réunion a facilité l'acclimatation et la naturalisation d'un grand nombre de ces plantes introduites.

Destruction des habitats, invasions biologiques, exploitation des végétaux : des menaces d'extinction pour les plantes indigènes

Insularité et micro-endémicité sont des facteurs de fragilité et de vulnérabilité de la flore indigène qui contribuent à accroître les risques d'extinction et la crise de la biodiversité. Même si la situation réunionnaise n'est pas aussi critique que celles des deux autres îles des Mascareignes (Maurice et Rodrigues), les menaces qui pèsent sur la flore indigène restent aujourd'hui encore très fortes.

L'altération et la destruction des habitats ont été les processus les plus destructeurs de la biodiversité de l'île. Les zones basses où se sont concentrées l'urbanisation et les activités agricoles n'ont conservé qu'environ 1 % de leur couverture forestière initiale, tandis que les forêts humides d'altitude et les végétations altimontaines ont été relativement épargnées. Même si le processus s'est considérablement ralenti, la végétation indigène constitue une peau de chagrin qui continue encore ici et là à se rétrécir.

La flore exotique introduite constitue le réservoir potentiel des phénomènes d'invasions végétales. Certaines espèces au comportement invasif qui interfèrent avec le fonctionnement des végétations indigènes sont aujourd'hui bien connues : le goyavier), le raisin marron, le longose, la liane papillon, le galabert), le bois chapelet, la flouve odorante... Les invasions biologiques par des espèces introduites sont considérées au niveau mondial par l'UICN, comme le troisième facteur de perte de biodiversité après la destruction des habitats et la surexploitation des espèces. (extrait d'un article original de BOULLET V. La Flore vasculaire de l'île de la Réunion)

La Liste rouge des espèces menacées en France s’est portée sur la flore de l’île, ses résultats publiés en 2011 font apparaître une situation très préoccupante. 905 espèces indigènes de fougères et de plantes à fleurs ont été analysées. Les évaluations montrent que 49 espèces végétales ont déjà disparu de l’île et que 275 autres, soit près d'une espèce sur trois, sont aujourd’hui menacées de disparition.

Plus d'informations : http://mascarine.cbnm.org/
Index de la flore: http://flore.cbnm.org
Index des bryophytes : http://bryophyte.cbnm.org

Crédits photo : Disperis tripetaloides, espèce vulnérable à La Réunion - Patrice Bernet et Chamaesyce goliana, espèce endémique de La Réunion, en danger critique d’extinction - Sonia Françoise / CBNM

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